Giulio Bonasone (ou Giulio De Antonio Buonasone, ou encore Julio Bonoso) fut un peintre et graveur italien né à Bologne. S'il est possible qu'il ait étudié la peinture auprès de Lorenzo Sabbatini et qu'il ait réalisé un Purgatoire pour l'église San Stefano, toutes ses peintures ont malheureusement disparu avec le temps. C'est pourtant dans l'art de la gravure qu'il a véritablement marqué l'histoire, s'imaginant sans doute formé par Marcantonio Raimondi. Voyageur de l'esprit et du burin, il travailla principalement à Mantoue, Rome et Venise avec un immense succès, produisant des eaux-fortes et des gravures inspirées des grands maîtres ainsi que de ses propres compositions. Il signait ses plaques de diverses manières : B., I.B., Julio Bonaso, Julio Bonasone, Juli Bonasonis ou encore Julio Bolognese Bonahso.
Il fut considéré comme un graveur doté d'un talent extraordinaire pour la reproduction, capable de transmettre avec une précision saisissante les compositions, les couleurs et l'essence même de ses modèles. Au-delà de la simple copie, il utilisa ses estampes pour exprimer sa compréhension des tourments religieux et culturels de son époque, s'imposant comme l'un des graveurs les plus importants et les plus prolifiques du XVIe siècle.
Certains débats subsistent quant à sa date de naissance en raison d'une documentation lacunaire. Puisqu'il fut actif entre 1431 et 1471, son anniversaire pourrait être situé autour de 1513, voire plus tôt si la gravure faisait partie intégrante de sa formation académique. Un indice suggérant qu'il était encore étudiant en 1431 réside dans le manque de maîtrise technique et d'aisance anatomique de ses œuvres de cette période.
Le travail de Giulio Bonasone ne figure pas dans les collections de documents publiés ni dans les archives d'État de Bologne. Un document mentionne toutefois un lien entre l'artiste et la Compagnia dello Quattro Arte, où il aurait exercé la fonction d'auditeur de la guilde. Néanmoins, aucun prénom n'y est associé et son nom demeure introuvable dans les rares listes de membres de la compagnie encore en notre possession. Bonasone mania avec brio la gravure et l'eau-forte, fusionnant souvent les deux techniques au sein d'une même œuvre. Son répertoire est d'une richesse insoupçonnée, embrassant des thèmes religieux, profanes et même érotiques. On lui attribue un total de 357 estampes, dont environ 200 peuvent être datées avec une certaine certitude. Son œuvre se déploie en une vaste fresque iconographique : 9 scènes de l'Ancien Testament, 35 du Nouveau Testament, 25 dédiées à la Vierge, 8 consacrées aux saints, 5 événements historiques, 150 paraboles, 85 sujets mythologiques, ainsi que des fantaisies, des portraits et des études architecturales. Ses gravures s'organisent souvent en séries magistrales, comme ses 22 planches sur les amours des dieux, ses 26 récits de la vie de Junon ou sa série de 22 estampes relatant la Passion du Christ.
Selon ses propres affirmations, plus de 114 de ces estampes — sans compter celles réalisées pour Bocchi — sont des compositions originales. En réalité, nombre des 150 illustrations destinées à Bocchi sont également de sa propre invention. Ses créations originales portent généralement la mention « Giulio Bonasone inventore » ou une formule similaire. On peut diviser ses gravures d'après d'autres artistes en deux catégories : celles qui répliquent fidèlement l'œuvre originale, telle la Création d'Ève d'après Michel-Ange, et celles où il s'autorise des libertés créatrices, comme sa Clélia traversant le Tibre d'après Polidoro, qu'il qualifiait lui-même d'« imitations ».
Bonasone faisait preuve d'une grande sélectivité dans le choix de ses modèles, privilégiant les géants du XVIe siècle. Il réalisa dix-huit gravures d'après Raphaël et son école, onze d'après Michel-angle, quatorze d'après Giulio Romano et dix d'après Parmigianino. Primaticcio, Jacopino del Conte, Perino del Vaga ou encore Titien furent également ses sources d'inspiration. La sculpture antique, et particulièrement les reliefs, nourrit également son imaginaire ; il modéla seize estampes à partir de sources classiques.
Sa carrière semble avoir pris son essor dans les années 1530, date des plus anciennes gravures connues. Parmi elles, sa Sainte Cécile (1531) témoigne d'une tentative encore brute de reproduire le travail de Raphaël. L'usage omniprésent de hachures droites, signe d'une technique encore maladroite, trahit la jeunesse de cette œuvre, tout comme l'œuvre Adam et Ève au travail qui révèle une certaine gaucherie.
Le Triomphe de Bacchus fut exécuté à une période légèrement plus tardive. Cette eau-forte présente des compétences plus avancées et des lignes plus nettes, bien que la persistance de hachures droites demeure un défi technique pour l'artiste. Ce manque de lignes de contour crée parfois une absence de profondeur qui nuit au réalisme des figures. Cependant, dans ce Triomphe, les contrastes de tons évoquent l'usage du clair-obscur en peinture, une caractéristique qui deviendra la signature de ses estampes.
Vers la même époque, Bonasone produisit sept gravures d'après Giulio Romano, incluant des thèmes tels que La Naissance et l'Apothéose de César ou Neptune prenant possession de la mer. Ces œuvres témoignent d'une plus grande maîtrise et d'une conscience aiguë des possibilités du medium. Sa technique de réseaux de lignes serrées parvenait à capturer avec précision les formes et les contrastes lumineux de l'œuvre de Romano. Si sa technique primitive s'accordait parfaitement au style de Romano, Bonasone finit par s'en détacher lorsqu'il développa des méthodes plus subtiles pour construire ses contrastes tonaux.
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Selon ses propres affirmations, plus de 114 de ces estampes — sans compter celles réalisées pour Bocchi — sont des compositions originales. En réalité, nombre des 150 illustrations destinées à Bocchi sont également de sa propre invention. Ses créations originales portent généralement la mention « Giulio Bonasone inventore » ou une formule similaire. On peut diviser ses gravures d'après d'autres artistes en deux catégories : celles qui répliquent fidèlement l'œuvre originale, telle la Création d'Ève d'après Michel-Ange, et celles où il s'autorise des libertés créatrices, comme sa Clélia traversant le Tibre d'après Polidoro, qu'il qualifiait lui-même d'« imitations ».
Bonasone faisait preuve d'une grande sélectivité dans le choix de ses modèles, privilégiant les géants du XVIe siècle. Il réalisa dix-huit gravures d'après Raphaël et son école, onze d'après Michel-angle, quatorze d'après Giulio Romano et dix d'après Parmigianino. Primaticcio, Jacopino del Conte, Perino del Vaga ou encore Titien furent également ses sources d'inspiration. La sculpture antique, et particulièrement les reliefs, nourrit également son imaginaire ; il modéla seize estampes à partir de sources classiques.
Sa carrière semble avoir pris son essor dans les années 1530, date des plus anciennes gravures connues. Parmi elles, sa Sainte Cécile (1531) témoigne d'une tentative encore brute de reproduire le travail de Raphaël. L'usage omniprésent de hachures droites, signe d'une technique encore maladroite, trahit la jeunesse de cette œuvre, tout comme l'œuvre Adam et Ève au travail qui révèle une certaine gaucherie.
Le Triomphe de Bacchus fut exécuté à une période légèrement plus tardive. Cette eau-forte présente des compétences plus avancées et des lignes plus nettes, bien que la persistance de hachures droites demeure un défi technique pour l'artiste. Ce manque de lignes de contour crée parfois une absence de profondeur qui nuit au réalisme des figures. Cependant, dans ce Triomphe, les contrastes de tons évoquent l'usage du clair-obscur en peinture, une caractéristique qui deviendra la signature de ses estampes.
Vers la même époque, Bonasone produisit sept gravures d'après Giulio Romano, incluant des thèmes tels que La Naissance et l'Apothéose de César ou Neptune prenant possession de la mer. Ces œuvres témoignent d'une plus grande maîtrise et d'une conscience aiguë des possibilités du medium. Sa technique de réseaux de lignes serrées parvenait à capturer avec précision les formes et les contrastes lumineux de l'œuvre de Romano. Si sa technique primitive s'accordait parfaitement au style de Romano, Bonasone finit par s'en détacher lorsqu'il développa des méthodes plus subtiles pour construire ses contrastes tonaux.
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