Date de naissance: 1924
Date de décès: 2006
Biographie:
Jorge Eduardo Eielson est un artiste péruvien. Il se distingue parmi ses contemporains, les artistes de la génération des années 1950, non seulement pour ne pas avoir limité son œuvre à une perspective de la forme pure ou l’engagement social , mais encore pour parcourir tous les genres littéraires et plastiques : la poésie, la narration, l’essai, le théâtre, la peinture, la sculpture et les arts performatifs.
Jorge Eduardo Eielson quitte le Pérou quand il a 24 ans et il passe toute sa vie en Europe. Après qu’il part de Lima, il habite à Paris, Genève, Rome, New York, Milan et Bari Sardo. Dans les pays européens et aux États-Unis, il est célèbre premièrement pour son œuvre plastique et performative, tandis qu’en Amérique Latine il est plus connu comme un poète prolifique. Pour l’analyse de sa production artistique, trois axes thématiques peuvent être établis : le corps comme entité matérielle et sa relation avec une dimension spirituelle ; le langage poétique et l’exploration des limites de signification entre les mots et les signes graphiques ; et la quête existentielle de l’homme dans un monde quotidien parmi des objets courants.
Jorge Eduardo Eielson naît en 1924 à Lima et vit son enfance avec sa mère, deux sœurs plus âgées et un petit frère qui meurt jeune. Son père, qui était américain d’origine scandinave, disparaît quand l’artiste est petit et sa famille lui dit qu’il est mort . Eielson apprend à jouer du piano, il fait des dessins et récite ses écrivains favoris avant son adolescence. À l’école, ses professeurs sont les écrivains José María Arguedas et Luis Fabio Xammar. Arguedas se rend compte du talent du jeune étudiant et le motive à publier ses premiers poèmes.
En 1945, avec la publication de Reinos, il reçoit le prix national de poésie du Pérou ; il commence à publier des articles et des dessins dans les magazines et les journaux péruviens et devient membre du comité de rédaction de Las moradas, revue du poète Emilio Westphalen. En 1946, il publie, avec la collaboration de ses collègues Sebastián Salazar Bondy, Javier Solorguren et Fernando de Szyszlo, l’anthologie La Poésie contemporaine du Pérou. Après sa première exposition plastique à Lima et avoir reçu le prix national de théâtre avec Maquillage, Eielson obtient une bourse française et voyage à Paris.
À son arrivée en France Eielson entame une relation avec les artistes européens du nouveau réalisme qui l’influencent dans ses expositions plastiques dans les galeries parisiennes. Même s’il continue à écrire, la barrière linguistique et sa propre décision de ne pas publier ont comme conséquence que ses poèmes restent inconnus, sauf pour quelques parutions dans les journaux péruviens. Il en résulte qu’Eielson se consolide comme artiste plasticien en Europe, alors que dans l’Amérique Latine il renforce son image comme poète.
En 1950 l’artiste reçoit une bourse UNESCO pour voyager à Genève, expérience qui a un impact dans son œuvre puisqu’elle lui permet de purger son langage . Il visite l’Espagne et l’Italie, où il restera jusqu'à sa mort. Les années 50 sont prolifiques pour sa poésie et il ne reprend pas l’œuvre plastique jusqu’à la fin de la décennie. Cette décision est causée par une crise dans la vie de l’artiste : d’un côté, il s’initie au bouddhisme, philosophie qui donne lieu aux questions sur le corps et l’existence humaine qui ne peuvent pas être explorées seulement avec les mots. D’un autre côté, le langage se montre chaque fois plus insuffisant pour énoncer les réalités complexes et il est nécessaire de trouver les dispositifs pour le renouveler. Après les années 60, Eielson dédie ses efforts à la peinture, la sculpture et la performance, de manière qu’il arrête sa production écrite et on voit seulement des rééditions et anthologies de ses poèmes de jeunesse.
Eielson présente ses œuvres en tant qu’artiste plasticien en Europe et Amérique, notamment à Paris, Milan, Venise, Rome, New York, Lima, Berne, Hambourg, Munich, Düsseldorf et Mexico DF. À la fin des années 70, Eielson voyage à Lima pour une exposition de son œuvre plastique et pour accomplir une recherche sur l’art précolombien ; cette enquête lui permet d’inclure dans ses créations plus fortement la thématique indigène encadrée par les contextes contemporains qui la rendent universelle.
Après plus de 20 ans de silence éditorial, Eielson reprend la poésie dans les années 90 et publie ses derniers recueils avec un ton poétique plus léger et sans les contradictions qui étaient présentes dans ses textes de jeunesse . Eielson meurt du cancer à Milan ; il avait déjà perdu son compagnon Michele Mulas des suites de la même maladie quatre ans avant. Leurs cendres reposent dans le cimetière de Bari Sardo, en Italie.
L’œuvre de Jorge Eduardo Eielson se caractérise par sa diversité de genres et domaines. Il commence sa vie artistique comme poète, mais il devient peintre, sculpteur, romancier, dramaturge et musicien. Eielson affirme dans ses entretiens qu’il voulait être un artiste total , un artisan de la parole, des huiles et des toiles, sans se spécialiser ou se définir comme poète, peintre ou sculpteur ; il assume dans sa vie le défi de ne pas être réduit par son métier, mais de soutenir une recherche permanente de nouveaux langages et formes d’expression. C’est pour cela qu’il change de genre et de style pour accomplir son exploration de l’existence humaine et, aussi, c’est pourquoi son œuvre est si difficile à catégoriser ou à hiérarchiser.
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